Définition de la chasse
photographique
Raison d'être de la chasse
photographique
Etat d'esprit du chasseur
photographe
Définition de la chasse photographique [suivant]
La chasse photographique consiste à tenter de réaliser l'image
d'un animal sauvage et libre dans son milieu naturel (biotopes).
Cette définition n'exclut pas les insectes et les invertébrés qui restent cependant
une exception dans la collection du chasseur photographique et dont la représentation
s'adresse plus généralement à la photographie d'histoire Naturelle.
De même la photographie des animaux plus ou moins apprivoisés ou parqués, et bien
entendu en zoo, ne relève pas de la chasse photographique, mais de la photographie
animalière, activité respectable, mais différente de la notre.
La chasse photographique, plus restrictive, a un sens précis :
CHASSE-PHOTO = CHASSE + PHOTO
Cela veut dire qu'elle implique une analogie avec la chasse non photographique ; comme
les chasseurs, (nous voulons parler des chasseurs solitaires), nous avons à vaincre les
ruses et la sagacité de l'animal : nous empruntons les mêmes chemins, nous menons la
même quête, nous vivons les mêmes attentes.
Comme le chasseur, nous cherchons à prendre, mais seuls le but et les armes sont
différents.
Notre but c'est l'image par le moyen de la photographie.
Celui qui part sur le terrain avec son téléobjectif sous le bras, vas donc tenter de
rapporter une image authentique, et belle si possible, d'un animal libre dans une attitude
naturelle.
Enfin la chasse photographique est éminemment sportive. Au plan physique il est
évident qu'elle s'adresse à des passionnés endurcis à des conditions matérielles
parfois très rudes ; au plan moral elle est sportive parce qu'elle fait appel avant tout
au "fair play" et qu'elle refuse toutes les facilités, les astuces grossières
et les trucages.

Raison d'être de la chasse photographique [suivant]
C'est sans aucun doute cette passion de la bête qui amène à la chasse
photographique.
Quoi de plus merveilleux pour l'homme de maintenant, dans ce XXe siècle dédié à
l'urbanisme et au synthétique, que d'aller à la rencontre des animaux dans les espaces
restés naturels.
Quoi de plus passionnant que de prolonger l'instant du contact avec l'animal par la
réalisation de l'image.
Le comportement de l'animal, l'acuité de ses sens, l'"intelligence" et la
précision de ses réactions, sa beauté ont même fait dire à certains naturalistes que
l'homme est un animal raté ! ...
Serions-nous à ce point conscients de notre imperfection pour découvrir chez les
êtres réputés privés de raison ce qui nous manque et retrouver ainsi un peu de
modestie ? ...
Ce serait déjà une justification de la chasse photographique.
Mais ce qui importe aussi, et plus encore, c'est la CONNAISSANCE.
C'est la connaissance pour soi et pour les autres.
Le chasseur photographe, de même que tout photographe de la Nature, est à la fois :
- un témoin,
- un documentaliste.
Témoin de la vie des bêtes, le chasseur photographe ne peut se contenter d'observer
en esthète. Il ne pourra d'ailleurs rien voir, et rien photographier s'il n'essaye pas de
comprendre son "partenaire". Il lui faut donc apprendre, puis comprendre. Il
devra donc compléter son acquis livresque par la vérification et l'étude sur le
terrain.
Il trouvera alors pour lui-même déjà une raison d'être à la chasse photographique,
raison d'autant plus forte et plus importante qu'il veut faire partager ses connaissances.
Il observe, ce faisant, la règle fondamentale de tout chasseur photographe :
D O C U M E N T E R
Il ne pratiquera pas son activité uniquement en égoïste et pour se faire plaisir,
mais pour transmettre aux autres ce qu'il aura appris.
Il est actuellement indispensable de documenter le monde d'aujourd'hui qui tout à la
fois s'éloigne de la Nature et, par un phénomène classique de privation
compensation, désire y revenir, tout en ignorant, parce qu'on ne lui apprend jamais et
nulle part, le mécanisme complexe et fragile de la Nature, ce que, en un terme la plupart
du temps galvaudé et incompris, on appelle ECOLOGIE.
Pour une part effective, en collaboration avec les scientifiques, il participera à cet
effort d'éducation.
Par la beauté des clichés à laquelle doit être ajoutée une réelle valeur
documentaire, le chasseur photographe doit sensibiliser le grand public au monde animal,
à sa protection et à sa gestion.
Il le fera, soit en montrant ses documents au public (expositions, conférences
projection), soit en les mettant à la disposition d'organismes soucieux de la Protection
de la Nature et de la faune sauvage.
C'est de cette manière qu'il contribuera de façon authentique à la Protection de la
Nature.
Ce sera en fait, sa véritable et fondamentale Raison d'Être.

Etat d'esprit du chasseur photographe
Ce qui importe avant tout, c'est l'état d'esprit qui doit l'animer.
Il faut qu'il soit parfaitement conscient que la chasse photographique ne consiste pas
d'abord à se faire plaisir et à ramener des documents à sensation pour "épater la
galerie".
Le Chasseur photographe, nous l'avons bien dit, a pour mission de DOCUMENTER et de
FAIRE CONNAITRE.
Ses photos ne seront pas forcément les plus belles ou les plus techniquement
réussies, elles devront laisser parler la Nature, toujours présenter des animaux dans
leur environnement en évitant les très gros plans qui ne sont intéressants, dans la
plupart des cas, que sous l'angle de l'exploit !
Le chasseur photographe doit donc chercher à connaître pour réussir.
Il est, au fond, un observateur et un naturaliste.
Il doit toujours se rappeler, lorsqu'il est sur le terrain, que l'animal prime sur
l'homme.
Il doit être près, quoiqu'il lui en coûte, à renoncer à une approche ou à un
affût, s'il devait en résulter l'affolement de l'animal, l'abandon d'une couvée. La
chasse photo n'est rien si elle n'est pas la recherche et la compréhension
de l'animal.
La chasse photographique ne se définit pas en termes de compétitivité. Certes, il
faut chercher à faire mieux, à égaler les meilleurs, mais pas au prix d'une
perturbation de la faune.
La chasse photographique ne se définit pas plus en termes de
productivité. Il faut bien être conscient, lorsqu'on tente un cliché, que l'on n'est
pas le premier à le faire et que bien souvent des centaines, sinon des milliers d'images
ont déjà été réalisées sur le sujet. La photo inédite reste toujours à faire,
certes. Photographier un animal banal et mille fois photographié n'est évidemment pas un
plaisir défendu. Ce qui est à proscrire, c'est de déranger l'ordre fantastiquement
merveilleux de la Nature.