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Fin novembre.
Nous sommes au Lac du Der, en Champagne-Ardenne, le plus grand lac artificiel de France.

Depuis quelques années, ce lieu est une sorte de passage obligé pour beaucoup d’espèces migratrices. Les oiseaux y trouvent repos et ravitaillement. Le coin a été aménagé de manière à ce qu’ils ne soient pas dérangés, et pour permettre aux curieux de les observer sans les importuner.

A cet effet, de nombreux postes d’affûts en bois ont été répartis autour du lac, avec des accès à couvert, hors de la vue des oiseaux. Le lac est également pourvu d’une grande digue à l’ouest. Munis d’une bonne paire de jumelles, vous pourrez y observer de nombreux oiseaux.
Le Lac du Der est avant tout l’un des principaux sites d’observation de la migration des grues cendrées. A l’automne, les grues se retrouvent par milliers au bord du lac et dans les environs pour marquer une pause dans leur parcours migratoire qui les emmènera de la Scandinavie à l’Andalousie.

Pour tous les amoureux de ces oiseaux et les passionnés de nature, l’endroit est idéal pour l’observation. Et le spectacle est merveilleux.

Arrivés au point du jour sur la digue, nous découvrons dans la lumière matinale de cette fin d’automne, des centaines de grues attendant le lever du soleil. Le niveau du lac est très bas, et les grues étant près de l’eau, nous ne pouvons que les observer aux jumelles.
Leurs cris couvrent les bruits de la nature qui s’éveille. Elles attendent….

 

Nous ne sommes pas les seuls sur les lieux : la commune de Montier-en-Der organise chaque année à cette époque un Festival de Photographie Animalière, et les visiteurs sont nombreux. Beaucoup profitent de leur visite au festival pour venir observer les oiseaux. Il y a donc plusieurs dizaines d’observateurs postés le long de la digue, jumelles et appareils photos en bandoulière. Le froid (-10°c) ne les a pas découragés, et certains sont même là depuis 6h30 du matin.

Ils semblent tous silencieux devant le spectacle de la nature. Ils attendent également les premiers rayons du soleil. Quelques-uns, bien équipés, distribuent des tasses de café chaud à leurs compagnons d’observation. Quelques grues commencent à s’échauffer les ailes. Quelques petits envols se font ça et là. L’horizon prend des couleurs cuivrées. Le soleil ne saurait tarder…

Dans ce matin froid, une légère brume couvre l’horizon, rendant les prises de vues au téléobjectif assez difficiles. Pour ma part, je laisse tomber les longues focales et me contente de quelques paysages. Les grues sont de toute façon bien trop loin pour que je puisse leur tirer le portrait. Et puis les lumières rendent les paysages tellement beaux que j’en oublie mes pieds qui commencent à sérieusement s’engourdir.

Au fur et à mesure, l’agitation devient plus forte. Par petits groupes, les grues commencent à décoller et à tourner au-dessus de leurs congénères. Un peu comme si elles s’encourageaient.

Et puis, c’est l’envol, pour de bon.
Une à une, elles ouvrent leurs ailes et prennent leur élan. Leurs silhouettes dansent dans le ciel. Les observateurs s’agitent, essayant de profiter au maximum du spectacle. Les grues décollent de plus en plus nombreuses. Elles tournent, se regroupent, et prennent la direction du sud-ouest.
Elles passent à quelques dizaines de mètres au-dessus de nos têtes en poussant leurs « krou » sonores. C’est très impressionnant. Parfois, il nous semble que nous pourrions les toucher. Pourtant, elles passent bien trop haut.
Elles volent en formation « V », par groupe allant de trois à plusieurs dizaines d’individus.

 

 

Elles n’étaient au début que de simples silhouettes dans le ciel, puis les premiers rayons du soleil leur rendent doucement leur couleur cendrée.
Elles sont parfois accompagnées par des groupes d’oies cendrées qui effectuent, elles aussi, leur migration.

Les grues vont partir ainsi par centaines. Certaines se dirigeront vers l’Andalousie, d’autres décideront que, finalement, le coin n’est pas mal pour passer l’hiver. Elles iront alors se promener dans les champs environnants où elles trouveront nourriture et tranquillité.

 

Le soir, au coucher du soleil, c’est également par centaines que d’autres grues arriveront au lac, offrant un merveilleux spectacle aux passants.
Si leur période de migration est assez large, c’est au mois de mars, qu’elles vont effectuer leur retour le plus massif.